Les droits de l’enfant: Le droit de l’enfant à la santé

Le droit à la santé revêt une importance cruciale pour les enfants, qui sont davantage exposés aux maladies et aux problèmes de santé. Les enfants en bonne santé ont de meilleures chances de le rester à l’âge adulte et de mener une bonne vie. La santé constitue aussi souvent la porte de sortie de la pauvreté, car seuls les enfants sains peuvent aller à l’école pour plus tard trouver un travail et nourrir leur famille. Le droit à la santé est donc étroitement lié à d’autres droits, tels que celui à l’éducation.

En théorie : la CIDE et le droit à la santé

Le droit à la santé est un droit humain universel ancré dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi qu’à l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Dans la Convention relative aux droits de l’enfant, le droit à la santé est défini comme suit à l’article 24:

  • Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation. Ils s’efforcent de garantir qu’aucun enfant ne soit privé du droit d’avoir accès à ces services.
  • Les États parties s’efforcent d’assurer la réalisation intégrale du droit susmentionné et, en particulier, prennent les mesures appropriées pour:

    • Réduire la mortalité parmi les nourrissons et les enfants
    • Assurer à tous les enfants l’assistance médicale et les soins de santé nécessaires, l’accent étant mis sur le développement des soins de santé primaires
    • Lutter contre la maladie et la malnutrition, y compris dans le cadre de soins de santé primaires, grâce notamment à l’utilisation de techniques aisément disponibles et à la fourniture d’aliments nutritifs et d’eau potable, compte tenu des dangers et des risques de pollution du milieunaturel
    • Assurer aux mères des soins prénatals et postnatals appropriés
    • Faire en sorte que tous les groupes de la société, en particulier les parents et les enfants, reçoivent une information sur la santé et la nutrition de l’enfant, les avantages de l’allaitement au sein, l’hygiène et la salubrité de l’environnement et la prévention des accidents, et bénéficient d’une aide leur permettant de mettre à profit cette information
    • Développer les soins de santé préventifs, les conseils aux parents et l’éducation et les services en matière de planification familiale.
  • Les États parties prennent toutes les mesures efficaces appropriées en vue d’abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants.
  • Les États parties s’engagent à favoriser et à encourager la coopération internationale en vue d’assurer progressivement la pleine réalisation du droit reconnu dans le présent article. À cet égard, il est tenu particulièrement compte des besoins des pays en développement.

En vertu de ce texte, chaque enfant a le droit d’une part de bénéficier de soins de santé appropriés et d’autre part d’accéder à l’aide et à la prise en charge dont il a besoin en cas de maladie. Il convient à cet égard de tenir compte des différentes phases d’évolution de l’enfant et des besoins et risques de santé individuels qui y sont liés (enfant / adolescent).

Théorie contre réalité: qu’en est-il de la santé de l’enfant dans les pays en développement?

L’accès aux soins médicaux ne va pas de soi pour de nombreux enfants vivant dans les pays en développement. Ces derniers présentent en outre souvent une alimentation non saine ou déséquilibrée qui nuit à leur santé sur le long terme. Ces conditions entraînent souvent des maladies, des carences, voire le décès prématuré des enfants.

Mortalité des enfants de moins de 5 ans

La mortalité infantile est un indicateur clé du bien-être de l’enfant, étant donné qu’elle dépend notamment de l’accès à des soins de santé de base. L’un des huit objectifs du millénaire était de réduire de deux tiers, avant 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans; cet objectif n’a pas été réalisé (sauf dans les pays d’Asie de l’Est, du Pacifique, d’Amérique latine et des Caraïbes), comme le montre le graphique suivant:

Certes, le nombre d’enfants qui meurent avant l’âge de 5 ans a diminué de plus de moitié partout dans le monde entre 1990 et 2015; néanmoins, 6 millions d’enfants meurent toujours chaque année de maladies évitables, dont plus d’un million le jour de leur naissance. La moitié de ces décès se concentre dans cinq pays seulement: la Chine, la République démocratique du Congo, l’Inde, le Nigeria et le Pakistan. En Afrique subsaharienne, les enfants présentent un risque 15 fois plus élevé de mourir avant l’âge de 5 ans que les enfants vivant dans les régions développées.

Parmi les autres facteurs environnementaux favorisant la mortalité infantile figurent l’origine (les enfants issus de milieux pauvres sont deux fois plus touchés) et l’absence fréquente d’éducation de la mère. Les enfants des zones rurales courent près de 1,7 fois plus de risque de mourir avant leur cinquième anniversaire que les enfants des zones urbaines.

Les décès de nouveau-nés dans les pays en développement sont principalement dus à des complications pendant l’accouchement (problèmes des voies respiratoires, naissances prématurées ou infections, par exemple). Des maladies telles que les pneumonies, les diarrhées et le paludisme sont souvent fatales pour les jeunes enfants. Plus choquant encore, plus de deux tiers des décès sont dus à des maladies qui pourraient être traitées à l’aide de moyens médicaux et d’interventions simples.

La sous-alimentation des mères a également des répercussions directes sur l’état de santé de l’enfant et est à l’origine d’environ 45 % des décès. Il est donc crucial pour le bon développement de l’enfant dans l’utérus et après la naissance que les femmes enceintes aient une alimentation suffisante et riche en nutriments.

Autres risques pour la santé des enfants et des jeunes

Le bien-être des enfants et des jeunes dans les pays en développement est souvent mis en péril par des pratiques religieuses et rites traditionnels, tels que les mutilations génitales féminines, l’infanticide ou les tests de virginité. La violence physique infligée comme punition ou châtiment porte également gravement atteinte à la santé de l’enfant, que ce soit au sein de la famille, à l’école, dans la communauté ou dans des institutions publiques. La violence sexuelle peut également laisser de graves séquelles physiques et psychologiques chez l’enfant.

D’après les estimations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR), près de 150 millions d’enfants dans le monde, pour la plupart dans les pays en développement, consomment des drogues «douces» comme le tabac et l’alcool, qui peuvent provoquer des maladies cardiaques ainsi que d’autres troubles chroniques à l’âge adulte. Les enfants des rues et les enfants orphelins ou abandonnés sont particulièrement exposés au risque de consommer des drogues dures comme l’héroïne ou la cocaïne. Un aspect particulièrement problématique à cet égard est qu’une fois arrivés à l’âge adulte, ces enfants sont plus susceptibles de partager leurs aiguilles et autres accessoires liés à la drogue, ce qui augmente considérablement le risque d’infection et de contamination.

Mesures nécessaires

Différentes conditions doivent être réunies pour mettre en oeuvre le droit de chaque enfant à la santé:

  • Existence d’un système de santé fonctionnel et de qualité: cela suppose notamment l’accès aux médicaments de base, à l’eau potable propre et à l’hygiène.
  • Mesures de prévention et de sensibilisation: ce n’est qu’en sensibilisant la population aux causes et à la prévention des maladies, notamment des maladies sexuellement transmissibles telles que le VIH/sida, que ces dernières peuvent être combattues durablement. La bonne connaissance des règles d’hygiène et d’alimentation aident également à réduire les risques de santé liés par exemple à une alimentation déséquilibrée. Les vaccins sont particulièrement efficaces pour enrayer des maladies infantiles typiques et prévenir leur propagation.
  • Soins prénatals et postnatals: comme expliqué précédemment, la santé de la mère a une influence décisive sur celle de l’enfant. Un nouveau-né a nettement moins de chances de survivre si sa mère décède des suites de complications pendant la grossesse ou l’accouchement. La prise en charge médicale de la mère pendant la grossesse et après la naissance à l’aide d’examens prénatals et de consultations doit dès lors être garantie.

Ce texte a été rédigé par SOS Villages d’Enfants Monde.