Les droits de l’enfant: Droit de tout enfant à l’éducation (Art. 28 et 29 CIDE)

Le droit à l’éducation est un droit fondamental ancré dans différents traités, tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Les principaux articles de droit international qui garantissent le droit à l’éducation sont les articles 13 et 14 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (Pacte Social) ainsi que la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989 (CIDE), qui reprend le thème de l’éducation dans deux articles distincts:

L’article 28 énonce que l’enseignement primaire doit être rendu obligatoire et gratuit pour chaque enfant et qu’aucun enfant ne peut être exclu du système éducatif pour des raisons financières.

L’article 29 dispose que l’éducation doit viser à favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités. L’enfant doit pouvoir mener une active et assumer les responsabilités de la vie dans une société libre et se voir inculquer le respect de ses parents, de sa langue, de ses valeurs culturelles ainsi que de celles d’autres cultures. La responsabilité de garantir à tout enfant le droit à l’éducation incombe aux États.

En signant au moins l’un des traités juridiquement contraignants relatifs aux droits de l’homme, les États parties s’engagent à respecter, protéger et mettre en oeuvre le droit à l’éducation. L’éducation n’est pas seulement un objectif politique, c’est aussi un droit fondamental pour tous; un droit humain inaliénable.

Education et politique de développement

En 2000, les représentants de 189 pays se sont réunis au siège des Nations Unies à New York pour y façonner une vision et une responsabilité communes en matière de développement économique et social, de dignité humaine et d’égalité. Les participants se sont entendus sur huit objectifs devant être atteints avant 2015. L’éducation en est un élément primordial. Ainsi, l’objectif 2 préconisait que d’ici 2015, tous les enfants, garçons et filles, devraient pouvoir achever un cycle complet d’études primaires.

Outre l’objectif du millénaire axé sur l’éducation, il existe également un plan d’action intitulé «Éducation pour tous» (EPT), un engagement global visant à assurer une éducation de base de qualité à tous les enfants, jeunes et adultes. Cette initiative a vu le jour en 1990 lors de la conférence mondiale «Éducation pour tous» qui s’est tenue à Jomtien en Thaïlande, sous l’impulsion de diverses agences des Nations Unies et de la Banque mondiale.

Dix ans plus tard, la communauté internationale, composée d’enseignants, de premiers ministres, d’universitaires, de décideurs, d’organisations non gouvernementales et d’organisations majeures à l’échelle internationale, s’est à nouveau réunie à Dakar (Sénégal) pour réaffirmer son engagement en faveur du plan d’action EPT jusqu’en 2015, avec l’adoption du cadre d’action de Dakar intitulé «L’Éducation pour tous: tenir nos engagement collectifs». Six objectifs concrets à atteindre avant 2015 avaient été fixés parmi autres l’accès gratuit pour tous, et surtout pour les filles à une éducation de qualité, l’amélioration de la qualité de l’éducation pour les adultes etc.

S’il est vrai que les objectifs du millénaire et les objectifs d’«Éducation pour tous» sont liés, il s’agit néanmoins de deux programmes cadres distincts. Les objectifs du millénaire sont étaient objectifs de développement généraux, tandis que l’EPT est essentiellement axée sur le domaine de l’éducation et présente la thématique dans un contexte plus vaste et nuancé qui ne se limite pas exclusivement à l’enseignement primaire, contrairement aux objectifs du millénaire. Le rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous recense chaque année les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de ces objectifs.

Bilan 2015: Un tiers seulement de la communauté mondiale a atteint ses objectifs éducatifs. Par exemple, dans seulement la moitié des pays, tous les enfants recoivent une éducation de base. Un développement positif est qu’aujourd’hui, environ 50 millions d’enfants de plus vont à l’école qu’en 1999. Cependant, il reste beaucoup à faire.

A la fin des Objectifs du Millénaire en 2015, 1.600 représentants de 160 pays se sont réunis au Forum Mondial sur l’éducation d’Incheon pour discuter des résultats et des objectifs. Le Forum a joué un rôle majeur dans la définition de l’objectif de l’éducation numéro 4, qui sont en place depuis 2015 et qui doivent être atteints d’ici 2030. Si la tendance actuelle se poursuit, en 2030, seuls 70% des élèves des pays à faible revenu achèveront leur éducation de base, même si cet objectif aurait dû être atteint dès 2015.

 

Selon le rapport mondial de l’UNESCO sur l’éducation de 2016, les pays les plus pauvre du monde sont très loin sur la voie de l’éducation et d’une éducation de qualité. Les enfants qui ont eu la chance d’être scolarisés sont quant à eux souvent confrontés à des infrastructures précaires et surpeuplées.

À peine un enfant scolarisé sur deux atteint la cinquième année de cours. Ainsi, un enfant d’Afrique subsaharienne aura en moyenne 5 à 6 années de cours en moins qu’un enfant vivant en Europe occidentale ou en Amérique.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi le droit à l’éducation n’est pas une réalité pour tout le monde:

Pauvreté

Les familles n’ont pas les moyens de payer les frais scolaires et les uniformes. Souvent, les enfants doivent travailler pour contribuer aux revenus de la famille. Il arrive aussi que les enfants soient renvoyés de l’école parce qu’ils ne peuvent pas payer les frais scolaires.

Manque d’infrastructures scolaires

Dans de nombreuses régions du monde, l’État ne dispose pas des ressources financières suffisantes pour investir dans l’éducation ; il n’y a pas assez d’écoles, peu voire pas de matériel scolaire ; les enseignants ne sont pas suffisamment formés et sont mal payés, voire pas payés du tout.

Enregistrement des naissances

Selon un rapport de l’Unicef de 2013, 230 millions d’enfants de moins de 5 ans n’ont jamais été enregistrés. Dans de nombreux pays, les enfants dépourvus d’acte de naissance ne peuvent pas aller à l’école.

Sécurité

De nombreuses familles décident de garder leurs enfants à la maison parce qu’elles considèrent que le chemin de l’école est trop long ou trop dangereux. Elles craignent souvent que les enfants, en particulier les filles, se fassent agresser.

Traditions locales

Dans certains pays, les familles privilégient l’éducation des garçons et négligent celles des filles, qui sont parfois contraintes de se marier très jeunes, de quitter l’école et de s’occuper de tâches domestiques.

Situations d’urgence

Conflits, crises économiques et catastrophes naturelles empêchent des millions d’enfants d’aller à l’école.

Barrières linguistiques

Dans de nombreux pays, l’enseignement se fait encore dans l’ancienne langue coloniale, qui ne correspond pas à celle que les enfants parlent en famille. Les écoles sont souvent tenues de se conformer à un système académique rigide qui entre en contradiction avec les cultures, les dialectes et les moyens de subsistance locaux.

Manque de qualité

Un problème grave, bien que souvent négligé dans les débats internationaux, est celui de la qualité de l’éducation. Pour que les programmes éducatifs soient efficaces, les enfants doivent disposer de bonnes conditions d’apprentissage et de personnel qualifié qui leur donnent les chances de réussir leur parcours éducatif. L’UNESCO estime qu’il faudrait 4 millions d’enseignants supplémentaires avant 2015 pour atteindre l’objectif d’un enseignement primaire de qualité pour tous les enfants.

Un enseignement de qualité est un atout inestimable pour chaque enfant et pour ses perspectives d’avenir. Un enfant dont la mère sait lire et écrire a deux fois plus de chances d’atteindre l’âge de cinq ans qu’un enfant dont la mère n’a pas fréquenté l’enseignement primaire. Pour chaque année d’éducation supplémentaire de la mère, le taux de mortalité infantile chute de plus de 10 %. En principe, une mère ayant elle-même été scolarisée aura tendance à envoyer son enfant à l’école et ainsi à briser le cercle vicieux de la pauvreté sociale et économique. Un adulte qui a au moins achevé avec succès l’enseignement primaire et qui sait lire et écrire est en mesure de signer un contrat de travail et de gagner sa vie. S’il dispose d’une qualification reconnue, il gagne environ deux fois plus d’argent que s’il n’avait jamais été scolarisé. L’éducation de l’enfant peut donc améliorer les conditions de vie de la famille et de la communauté tout en soutenant la croissance économique du pays : les individus apprennent à se montrer responsables envers eux-mêmes et leurs enfants, tout en devenant autonomes sur le long terme.

 

Ce texte a été rédigé par SOS Villages d’Enfants Monde, Kindernothilfe Luxembourg et UNICEF Luxembourg.