Droit de l’enfant handicapé à bénéficier de soins spéciaux (Art. 23, CIDE)

L’article 24 de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées du 13 décembre 2006 énonce que tous les pays du monde «reconnaissent le droit des personnes handicapées à l’éducation». À cet effet, les États «font en sorte que le système éducatif pourvoie à l’insertion scolaire à tous les niveaux et offre, tout au long de la vie, des possibilités d’éducation qui visent: le plein épanouissement du potentiel humain […]; l’épanouissement de la personnalité des personnes handicapées […] dans toute la mesure de leurs potentialités et la participation effective des personnes handicapées à une société libre».

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) impose également aux États du monde entier d’offrir les mêmes droits à chaque enfant, sans discrimination, indépendamment de ses compétences ou de son handicap. Cette obligation est précisée à l’article 2311:

  • Les États parties reconnaissent que les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente, dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité.
  • Les États parties reconnaissent le droit à des enfants handicapés de bénéficier de soins spéciaux et encouragent et assurent, dans la mesure des ressources disponibles, l’octroi, sur demande, aux enfants handicapés remplissant les conditions requises et à ceux qui en ont la charge, d’une aide adaptée à l’état de l’enfant et à la situation de ses parents ou de ceux à qui il est confié.
  • Eu égard aux besoins particuliers des enfants handicapés, l’aide fournie conformément au paragraphe 2 du présent article est gratuite chaque fois qu’il est possible, compte tenu des ressources financières de leurs parents ou de ceux à qui l’enfant est confié, et elle est conçue de telle sorte que les enfants handicapés aient effectivement accès à l’éducation, à la formation, aux soins de santé, à la rééducation, à la préparation à l’emploi et aux activités récréatives, et bénéficient de ces services de façon propre à assurer une intégration sociale aussi complète que possible et leur épanouissement personnel, y compris dans le domaine culturel et spirituel.

  • Dans un esprit de coopération internationale, les États parties favorisent l’échange d’informations pertinentes dans le domaine des soins de santé préventifs et du traitement médical, psychologique et fonctionnel des enfants handicapés, y compris par la diffusion d’informations concernant les méthodes de rééducation et les services de formation professionnelle, ainsi que l’accès à ces données, en vue de permettre aux États parties d’améliorer leurs capacités et leurs compétences et d’élargir leur expérience dans ces domaines. À cet égard, il est tenu particulièrement compte des besoins des pays en développement.

Théorie et pratique : ce que vivre avec un handicap veut dire

Les personnes atteintes d’un handicap doivent composer au quotidien avec des limitations physiques, intellectuelles ou sensorielles. Les interactions avec certains facteurs de leur environnement peuvent entraver leur participation pleine et entière, selon le principe d’égalité, à la vie de la société.

Ainsi, une personne en chaise roulante qui se retrouve devant des escaliers est confrontée à un handicap supplémentaire, étant donné qu’elle n’est pas en mesure de les monter seule. Mais pour peu que ces escaliers soient pourvus d’une plateforme élévatrice, cette personne pourra se déplacer comme tout un chacun et ne sera plus confrontée à ce handicap.

L’éducation inclusive dans les pays en développement

Environ 30% des 58 millions d’enfants non scolarisés présentent un handicap. Les enfants qui se trouvent en situation de handicap à cause d’un accident ou d’une maladie doivent pourtant avoir la possibilité d’apprendre et d’évoluer comme n’importe quel autre enfant.

Cette situation est particulièrement préoccupante dans les pays en développement, du fait de l’extrême pauvreté des familles, de l’absence de formation spécifique des enseignants, des problèmes d’accessibilité, mais aussi à cause de l’intolérance de la population à l’égard des personnes handicapées, qui s’explique souvent par le caractère encore tabou du handicap. De plus, de nombreux parents n’envoient pas leurs enfants handicapés à l’école parce qu’ils estiment qu’ils n’y apprendront de toute façon rien et qu’«investir» dans leur éducation représente une perte de temps et d’argent. En outre, les administrations scolaires et les enseignants rechignent souvent à accepter des enfants handicapés dans leurs cours.

90% des enfants handicapés se voient refuser l’accès à l’école: les classes étant souvent déjà surpeuplées, on craint que leur présence ralentisse le cours. Résultat: dans les pays en développement, 8 enfants handicapés sur 10 ne fréquentent pas l’école, ou uniquement dans des conditions déplorables. Cette exclusion du système éducatif représente une atteinte majeure aux droits des enfants handicapés.

Ce texte a été rédigé par Handicap International Luxembourg.