Les droits à la protection contre l’exploitation économique

Chaque enfant a le droit d’être protégé contre le travail des enfants à caractère d’exploitation, les abus et les autres formes d’exploitation.

 

On distingue différentes formes de travail des enfants. Ce chapitre traite principalement du travail des enfants dangereux et à caractère d’exploitation.

    • Pauvreté
        • Les enfants travaillent pour soutenir leurs parents et contribuer au revenu familial
          • Une forme particulièrement grave d’exploitation des enfants est la servitude pour dettes : les enfants travaillent pour rembourser les dettes de leurs parents. La servitude pour dettes est considérée comme une forme d’esclavage moderne

           

       

        • Les enfants travaillent pour pouvoir satisfaire leurs besoins fondamentaux

       

        • Les enfants travaillent pour payer leurs frais de scolarité

       

        • Les enfants sont livrés à eux-mêmes et doivent subvenir eux-mêmes (ainsi qu’à leurs frères et sœurs) à leurs besoins

       

       

 

    • Absence de mesures de protection de l’enfance
        • Manque de lois protégeant les enfants

       

        • Manque de contrôles et de sanctions en cas d’infraction (p. ex. travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement de grandes entreprises multinationales)

       

       

 

    • Infrastructures déficientes : un État pauvre favorise le travail des enfants, car dans les régions où les écoles sont coûteuses ou difficilement accessibles et où l’enseignement est de mauvaise qualité, les parents décident plus facilement de ne pas envoyer leurs enfants à l’école

 

    • Certaines attitudes socioculturelles à l’égard des enfants et de l’enfance, des rôles de genre ou de l’importance de la scolarisation
        • Certaines traditions (p. ex. servitude pour dettes, système d’enfants domestiques) témoignent de l’ancrage profond du travail des enfants à caractère d’exploitation dans la société

       

        • La discrimination des minorités entraîne davantage de travail des enfants dans ces milieux

       

        • Les filles doivent souvent très tôt assumer des tâches ménagères ou, après un mariage précoce forcé, s’occuper de leur propre ménage

       

       

 

    • Graves problèmes physiques et psychologiques
      • Fractures, douleurs dorsales, brûlures, maladies de la peau, problèmes respiratoires, troubles psychiques ou autres problèmes de santé

       

 

    • Les enfants qui travaillent sont souvent victimes de criminalité et d’abus
        • Les enfants peuvent moins bien se défendre et sont exploités (p. ex. temps de travail trop longs, travaux dangereux sans équipement de sécurité, salaire trop bas)

       

        • Les enfants qui travaillent sont plus souvent victimes de violences sexuelles

       

       

 

    • Non-respect du droit au repos, aux loisirs et au jeu pour les enfants travailleurs

 

    • Manque d’éducation et mauvaises perspectives d’avenir : sans diplôme scolaire, les enfants ont moins de chances d’obtenir un revenu suffisant ou une protection sociale (assurance maladie, retraite)

 

 

Souvent, un tel cercle vicieux commence et conduit la génération suivante à retomber à nouveau dans le travail des enfants

    • Les enfants qui travaillent doivent être protégés par des réglementations concernant l’âge minimum, le temps de travail et les conditions de travail, ainsi que par un contrôle strict de l’application de ces réglementations
      • Ils doivent pouvoir passer d’un travail dangereux à un travail moins dangereux

       

 

    • Abolition des traditions et pratiques qui favorisent le travail des enfants à caractère d’exploitation (p. ex. mariage précoce, travaux domestiques et de soins pour les filles, participation au travail dans l’entreprise familiale)

 

    • Amélioration des chances d’accès à l’éducation : accès à une éducation formelle de qualité, à une éducation non formelle et à des offres éducatives adaptées pour les enfants travailleurs

 

    • Mesures génératrices de revenus pour les parents : les parents et autres membres adultes de la famille doivent pouvoir travailler dans des conditions équitables et percevoir un salaire adéquat, afin que la survie de la famille ne dépende pas du revenu de leurs enfants

 

    • Participation des enfants travailleurs eux-mêmes : les enfants doivent pouvoir donner leur avis lorsqu’il s’agit de leurs préoccupations
        • Cela s’applique aussi aux enfants travailleurs qui peuvent, par exemple, s’organiser dans des syndicats d’enfants

       

       

 

    • Les entreprises doivent être obligées, par des lois sur les chaînes d’approvisionnement, de respecter les droits de l’enfant et les droits humains dans leurs chaînes d’approvisionnement — nécessité de sanctions strictes en cas de non-respect

 

    • Actions de sensibilisation auprès des consommateurs et consommatrices pour encourager une consommation responsable

 

Convention relative aux droits de l’enfant

Art. 32 – Protection contre l’exploitation économique

 

Art. 35 – Mesures contre l’enlèvement et la traite d’enfants

Agenda 2030

Entre autres

8.7 Prendre des mesures immédiates et efficaces pour éradiquer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains, interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, et d’ici 2025 mettre fin à toutes les formes de travail des enfants

Art. 36 – Protection contre toute autre forme d’exploitation

Situation actuelle

 

  • En 2018, 1 victime de la traite des êtres humains sur 3 était un enfant (UN SDG Report, 2021).
  • 1 enfant sur 10 (160 millions) a été contraint au travail des enfants en 2020 (UN SDG Report, 2021). La moitié de ces enfants travaillent dans des conditions inhumaines.
  • D’ici fin 2022, 8,9 millions d’enfants supplémentaires devraient être contraints au travail des enfants en raison du Covid-19 (UN SDG Report, 2021).
  • En 2021, 30 millions d’enfants vivant en dehors de leur pays de naissance sont exposés à un risque accru de devenir victimes de la traite des êtres humains (UNICEF, 2021).
  • Les filles sont principalement victimes d’exploitation sexuelle (72 % des victimes féminines identifiées), tandis que les garçons sont majoritairement victimes de travail forcé (66 % des victimes masculines identifiées) (UN SDG Report, 2021).

Media

Film:

 

  • „Invisible Hands” (2018) de Shraysi Tando
  • „Urmila: My Memory is my Power” (2016) de Susan Gluth
  • „Les exploitations familiales peuvent-elles nourrir le Sénégal?” (2011) de Pierre Doumont & Canal C
  • „The devil’s miner” (2005) de Kief Davidson & Richard Ladkani

 

TV:

 

  • „Kinderhandel. Mitten in Europa » de Sylvia Nagel & Sonya Winterberg (NDR/Arte)

 

Print:

 

  • Die Kinder von Benin » de Fritz Schaap (Die ZEIT)

Offre pédagogique au Luxembourg sur le « droit à la protection contre l’exploitation économique »